«Maman est là. » C’est le cri du cœur que Julie, une habitante de Beauvais, a lancé à ses trois enfants samedi matin à Saint-Martin-le-Nœud. Depuis quelques semaines, Julie, directrice de ressources humaines dans une grande entreprise, vit une séparation douloureuse avec le père de ses trois enfants âgés de 7, 4 et 2 ans et demi.
Vendredi, tout bascule. « En début d’après-midi, l’école m’informe que mon ex-concubin est venu chercher nos enfants pour les emmener chez le médecin, raconte Julie. Je quitte mon travail pour le rejoindre là-bas. Sur place, il n’y a qu’un enfant et j’apprends que les deux autres sont chez mes ex-beaux-parents. Le médecin nous indique que notre enfant a juste une toux. Normalement, je dois récupérer mes enfants à 16h30. »
Un accord trouvé avec le père
Mais à l’heure prévue, elle reçoit un SMS lui précisant que « les enfants resteront à Saint-Martin-le-Nœud chez leurs grands-parents pour se reposer pendant les vacances ». Le monde de Julie s’écroule. « Je me suis vue privée de mes enfants pour Noël, avoue-t-elle. J’avais prévu de les emmener à Bordeaux, dans ma famille, pendant ma semaine de vacances. J’ai essayé de joindre leur père, les grands-parents. En vain. » Au milieu de la nuit, Julie décide de prendre les choses en main. « Je ne pouvais pas rester sans rien faire, explique-t-elle. Je devais montrer à mes enfants que j’étais là, que je pensais à eux, que je ne les laisserais pas. J’ai confectionné des banderoles, gonflé les ballons, pris les tentes des enfants. » A l’aube, elle prévient les gendarmes et le maire de Saint-Martin. A 8 heures samedi, elle monte son installation en face de la maison des grands-parents. « J’étais déterminée à faire le pied de grue jusqu’à ce qu’ils me voient, souligne-t-elle. Heureusement, l’intervention des gendarmes a été salutaire. C’est grâce à leur insistance que mon ex-compagnon a fini par ouvrir la porte et que j’ai pu voir mes enfants. » Samedi après-midi, le couple est convoqué séparément à la gendarmerie. Les auditions débouchent sur un accord. « Je peux emmener mes enfants en vacances avec moi, précise Julie, soulagée. Ça se termine bien mais je sais qu’il y aura d’autres épreuves à venir. Nous avons une audience auprès du juge des affaires familiales au mois de mars. Les dernières semaines de cohabitation ont été très dures à vivre. J’ai proposé à maintes reprises de reprendre le dialogue avec une conseillère conjugale puis en médiation familiale. J’ai porté plainte à deux reprises pour violences physiques et psychologiques. Ce qui me touche le plus, c’est de voir mes enfants déboussolés par l’attitude de leur père. »
Ce genre de drame familial est malheureusement fréquent. Pour l’avocate de Julie, l’attitude de sa cliente est exemplaire. « Pour moi, il n’est pas anodin de faire figurer et de communiquer cet acte de courage de la mère de trois petits enfants venue camper en pleine intempérie devant la porte des grands-parents, souligne Me Dupire-Nosbaum, avocate de Julie. Nous étions complètement bloqués et il a fallu l’énergie exceptionnelle d’une mère et l’action de la gendarmerie pour que le père accepte un accord. Cela pourrait donner de l’espoir aux mères désespérées qui vivent ce genre de situation.
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