Jeudi, entre 22h et 22h30, à Saint-Barthélemy, André et Christiane Jeandel, 59 ans chacun, ont vécu une mésaventure dont ils se seraient forcément bien passés. « Entre quatre et six personnes » ont alors pénétré dans leur maison… Et ce, peu après le départ de leur fille de l’habitation de la route sous le Mont de Vannes. « Les individus étaient cagoulés, vêtus de noir », selon les témoignages des victimes recueillis, hier, par les enquêteurs.
« Vous, vous travaillez, vous avez de l’argent»
Ils seraient entrés par la porte d’entrée, « non verrouillée ». Ils les ont ligotés, saucissonnés avec du ruban adhésif « qu’ils avaient apporté ». Bâillonnés. « Ma mère m’a dit qu’ils avaient été frappés, mon père étranglé avec le cordon de télé », poursuit Alexandre Jeandel, le fils cadet d’une famille bien connue pour être garagistes à Melisey, et tenir une casse auto à Saint-Germain.« Vous, vous travaillez, vous avez de l’argent ! », auraient lancé les voleurs au couple Jeandel. Assez rapidement, les agresseurs ont obtenu ce qu’ils voulaient : ils ont volé du numéraire, « dont l’estimation est en cours » et laissé une demeure sens dessus dessous. « Je viens de chez mes parents. A l’intérieur, c’est impressionnant, pire que dans les films. Il y a des fringues partout, les armoires sont explosées », rapporte le fils. Une fois leurs agresseurs partis, André Jeandel a réussi à se libérer de ses liens pour alerter son fils aîné.
Séquelles
« Les ITT [incapacités totale de travail] sont assez importantes : 30 jours pour monsieur, 21 jours pour madame, avec essentiellement des séquelles de nature psychologique, et quelques séquelles physiques. Ils ont été très choqués par les faits », explique le substitut du procureur de Vesoul.Une enquête est en cours. Elle a été confiée aux gendarmes de la brigade de recherches de Lure et à la section de recherche de Besançon. « En l’état, il n’y a pas de trace, peu d’élément probant qui permette une avancée rapide [des investigations]. L’un des individus était armé d’une arme de poing : une barre de fer, un bâton », continue le parquet. En terme judiciaire, les faits sont qualifiés d’extorsion aggravée par deux circonstances : un, en bande organisée, de deux, avec violences.
Le maire de Saint-Barthélemy s’est rendu sur place peu après les faits. « Ce procédé est vraiment choquant. Quand cela se produit dans notre village, on est remué », a indiqué Denis Gillet.
http://www.estrepublicain.fr/haute-saone/2012/03/31/agresses-chez-eux
